Réalisateur : Marc Webb
Scénaristes : Scott Neustadter et Michael H. Weber
Actrices et acteurs principaux : Joseph Gordon-Levitt et Zooey Deschanel
Le dernier pays que j’ai visité : la Croatie
Date de sortie : 30 septembre 2009
Où le voir : Disney+, VOD ou support physique
Synopsis officiel : Tom croit encore en un amour qui transfigure, un amour à la destinée cosmique, un coup de foudre unique. Ce qui n’est pas du tout le cas de Summer. Cela n’empêche pourtant pas Tom de partir à sa conquête, armé de toute sa force et de tout son courage, tel un Don Quichotte des temps modernes. La foudre tombe le premier jour, quand Tom rencontre Summer la nouvelle secrétaire de son patron, une belle jeune fille enjouée.
Au 31ème jour, les choses avancent, lentement. Le 32ème jour, Tom est irrémédiablement conquis, pris dans le tourbillon étourdissant d’une vie avec Summer. 185 jours après leur rencontre, la situation est de plus en plus incertaine – mais pas sans espoir. Alors que l’histoire fait des allers-retours au sein de la relation parfois heureuse, mais souvent tumultueuse de Tom et Summer, le récit couvre tout le spectre de la relation amoureuse, du premier coup de coeur aux rendez-vous, du sexe à la séparation, à la récrimination et à la rédemption et décrit toutes les raisons qui nous poussent à nous battre aussi ardemment pour arriver à trouver un sens à l’amour… Et, avec un peu de chance, à en faire une réalité.

(500) Jours ensemble reste une de mes romances préférées. Et pourtant ça n’en est pas une. Normal, la vision de Tom n’a rien de romantique, bien au contraire. À moins que…

Les années passent et passent et beaucoup de choses ont changé, notamment la vision du romantisme façon (500) Jours ensemble via le personnage de Tom. De gentil garçon à pervers narcissique, le gars en a pris pour son grade et c’est tant mieux.

C’est vrai que de prime abord, on a pu avoir tendance à le considérer comme un bon gars qui se fait avoir par une fille, juste parce qu’il y croyait et qu’elle a joué avec ses sentiments. Le genre de truc qui m’avait fait dire à l’époque « merde, je suis Tom ». Mais avec le recul, l’expérience, une prise de conscience mondiale de la parole des femmes et de l’aveu de son interprète Joseph Gordon-Levitt lui-même, on s’est rendu compte qu’on réécrivait l’histoire (tiens tiens…) alors que le bonhomme a quand même de sacrés problèmes. Le genre de truc qui me fait dire maintenant « merde, je suis Tom ».

 

Pour rappel, le film de Marc Webb raconte une non histoire d’amour où un homme biberonné aux cartes de vœux romantiques s’entiche d’une femme qui, dès le départ, lui précise qu’elle ne veut pas être en couple. Quelques rapprochements plus tard, c’est parti mon riri et lui y croit dur comme fer. Alors quand elle finit par arrêter leur histoire, c’est le bordel dans sa tête et il va falloir affronter la réalité.

On ne va pas nier les faits, c’est marqué en gras dans le texte, Tom n’a pas écouté ce que lui disait Summer tout au long de leur relation. Il s’est comporté comme un égoïste qui projetait ses propres désirs sur une personne qui en avait d’autres. Il projetait sa vision de l’amour, du couple, d’un attachement, sur, finalement, sa victime. Le temps a bien fait les choses en permettant à Tom de ne plus être le gentil de l’histoire. La fiction vs la réalité est autant une scène majeure de (500) Jours ensemble, lorsque Tom rejoint une fête organisée par Summer et où il s’imagine le retour de leur complicité alors qu’il n’en est rien; qu’un fil rouge de ce même film. Puisqu’on suit principalement l’homme, il est facile de rejeter la faute sur la femme. Il y a ce qu’on a envie de voir de notre « héros » et ce qu’il est.

(500) Jours ensemble : Tom est un amoureux égoïste. Moi aussi
Tom-Tom et la nana ©Fox

Et s’il m’a fallu un certain recul pour admettre que mon moi adolescent s’était trompé sur la vision du protagoniste, il m’en faut également pour admettre que cette nouvelle lecture ne change en rien mon affection pour lui ; tout simplement parce qu’il me ressemble. Et à toi aussi sûrement.

Alors attention mesdames (enfin, Marie et Sophie puisqu’il n’y a qu’elles qui me lisent), je ne dis pas qu’il ne faut pas vous écouter et que Tom a raison, mais juste qu’il n’est pas tant un petit bâtard narcissique de sa grand-mère les morts qu’un être humain.

Tout comme le retour à la réalité de Tom, arrêtons de nous cacher derrière la version idéalisée de nous-mêmes où nous, êtres parfaits, avons toujours su écouter l’autre en occultant notre propre paradigme. Il suffit de quelques minutes d’introspection, couplée à une fouille des souvenirs, pour pouvoir se remémorer que Tom c’est moi, c’est toi.

Parce que si on peut lui reprocher son attitude, le fait qu’il ne voit que ce qu’il veut voir sans prêter attention à ses pensées à elle, on ne peut pas reprocher au jeune homme d’avoir voulu croire en l’amour. L’amour qu’il ressentait, qu’il pensait être la seule façon de le vivre. Celui qui le voit chanter avec des petits oiseaux de dessin animé au milieu de la foule. Il n’a pas écouté Summer, mais peut-être l’a-t-il fait et qu’il espérait juste qu’elle change d’avis à son contact. Plus tard, (500) Jours ensemble nous montre qu’ils n’étaient juste pas faits l’un pour l’autre, mais si ça avait été le cas et que la conclusion eut été différente, est-ce qu’on y aurait vu un syndrome de Stockholm ou tout simplement une histoire où au début l’un aime l’autre davantage avant que les sentiments s’en mêlent ? On a déjà vu mille films qui finissaient ainsi…

(500) Jours ensemble : Tom est un amoureux égoïste. Moi aussi
Tom ce chewing-gum, 1 seconde pour l'attraper, 1 heure pour s'en débarasser © Fox

Tom s’est enfermé dans sa vision idéalisée de sa relation, interprétant chaque mot et geste de Summer au-delà de ce qu’ils signifiaient vraiment. C’est néfaste, mais à qui ce n’est jamais arrivé ? Rien que dans les affaires du quotidien, on a tendance à donner notre version des faits puisqu’on a davantage confiance en notre vécu que celui de l’autre. Pourquoi ça serait différent en amour ? Si ce n’est parce qu’on se croit meilleur que ce que l’on est.

J’ai été cet égoïste qui se faisait des films d’une relation. Et comme le personnage, ça m’a permis d’évoluer ensuite. Parce que le plus important, c’est d’apprendre de nos erreurs. Et si, à aucun moment, tu ne t’es senti un jour dans la peau de Tom, alors demande-toi si, au fond, tu n’es pas le pire de tous.

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