Réalisateur : Louis Leterrier
Scénariste : Dan Mazeau, Justin Lin
Actrices et acteurs principaux : Vin Diesel, Michelle Rodriguez, Jason Momoa, John Cena
Mon Fast and Furious préféré : le 5, comme tout le monde
Date de sortie : 17 mai 2023
Où le voir : au cinéma
Synopsis officiel : Après bien des missions et contre toute attente, Dom Toretto et sa famille ont su déjouer, devancer, surpasser et distancer tous les adversaires qui ont croisé leur route. Ils sont aujourd’hui face à leur ennemi le plus terrifiant et le plus intime : émergeant des brumes du passé, ce revenant assoiffé de vengeance est bien déterminé à décimer la famille en réduisant à néant tout ce à quoi, et surtout à qui Dom ait jamais tenu.
Dans FAST & FURIOUS 5 en 2011, Dom et son équipe avaient fait tomber l’infâme ponte de la drogue brésilienne, Hernan Reyes, en précipitant son empire du haut d’un pont de Rio De Janeiro. Ils étaient loin de se douter que son fils Dante, avait assisté impuissant à la scène et qu’il avait passé ces douze dernières années à échafauder le plan infernal qui exigerait de Dom un prix ultime.
Dante va débusquer et traquer Dom et sa famille aux quatre coins du monde, de Los Angeles aux catacombes de Rome, du Brésil à Londres et de l’Antarctique au Portugal. De nouvelles alliances vont se forger et de vieux ennemis réapparaitre. Mais tout va basculer quand Dom va comprendre que la cible principale de Dante n’est autre que son fils à peine âgé de 8 ans
Fast X est le dixième film de la saga Fast and Furious et, malheureusement, déjà le troisième sans le regretté Paul Walker, second membre du binôme responsable de la popularité de la licence aux côtés de Vin Diesel. Une absence qui continue de gêner la Fast Family.
En 2001, un jeune Paul Walker infiltrait le gang de Vin Diesel dans une sorte de remake tuné de Point Break. Fast and Furious était né. Six opus plus tard, dont deux sans Vinou et un autre sans Paul, l’acteur décédait dans un accident de voiture, tragique ironie du sort. Problème : le septième volet dirigé par James Wan n’était pas encore fini de tourner. Pour combler les trous, l’équipe utilisa les frères du comédien et des effets spéciaux pour utiliser son image du mieux qu’elle pouvait le temps de finir le tournage. Évidemment, il fallut également modifier la fin du film initialement prévue, histoire d’offrir à Brian O’Conner, son personnage, une porte de sortie.
Fast and Furious 7 s’achevait ainsi sur Dominic Toretto observant au loin Brian et Mia Toretto avec leur enfant, décidant qu’il était désormais impossible d’impliquer cette famille heureuse dans des aventures dangereuses. Reprenant la route, celui-ci était bientôt rejoint par Brian pour une ultime course en forme d’adieu, jusqu’à ce que la voiture de son ami prenne une direction différente au son de See You Again de Wiz Khalifa et Charlie Puth, créé pour l’occasion. Et là, on a tous pleuré. Incroyable, mais vrai, un Fast nous faisait chialer. Tout simplement parce que l’hommage était superbe, chargé en émotions et en flashbacks des scènes de Walker. Dans un monde parfait, la franchise aurait dû s’arrêter là, car il est difficile d’imaginer plus belle fin.
D’autant que le décès de leur collègue et ami a été très difficile à digérer pour le reste du casting. Michelle Rodriguez a avoué avoir été une épave l’année qui a suivi et Vin Diesel ne manque jamais d’évoquer la mémoire de celui qui a inspiré le prénom de sa dernière fille, Pauline.
Un fantôme encombrant
Mais Fast and Furious ne s’est pas arrêté là et alors que le dixième épisode débarque sur nos écrans et qu’au moins deux autres sont encore prévus, l’absence de Paul Walker s’est transformée en handicap.
Pourquoi ? Parce que Brian O’Conner n’est pas mort à l’écran. L’idée aurait été macabre, il faut bien l’avouer. Sauf que l’outil de morphing et l’appui des frangins ont leurs limites et que, même dans le cas contraire, voir un acteur décédé avoir une importance au scénario aurait été tout aussi macabre. Tu me diras, puisque Toretto décide de le laisser hors du coup à la fin du septième volet, problème réglé.
Et ça marche pour le huitième opus. Le personnage est évoqué, mais immédiatement, l’équipe décide de respecter la volonté de leur chef en le laissant à l’écart. À un détail près : Dom décide d’appeler son fils, Brian, en hommage à son oncle. Si tu veux mon avis, je trouve ça très étrange de donner le prénom de son beau-frère bien vivant à son fils. La réalité et la fiction se mélangent.
Dès l’épisode 9, les affaires redeviennent personnelles avec l’apparition de Jakob, le frère de Dom. Mais qui dit frère de Dom, dit aussi frère de Mia, la femme de Brian. Le scénario ne pouvait donc pas mettre de côté plus longtemps Jordana Brewster. Sauf que, comment expliquer que madame O’Conner soit présente, mais pas son mari ? Pirouette scénaristique, il est dit que Brian protège les enfants. Le numéro 2 de l’équipe n’est pas présent alors que sa femme peut mourir à tout moment ? Crédibilité zéro. Qu’on se rassure, Brian est toujours vivant puisqu’à la fin, sa Nissan Skyline R34 bleue se gare pour rejoindre le barbecue familial.
Je ne spoilerai pas les rebondissements de Fast X (si peu qu’il y ait quelque chose à spoiler), mais je me dois d’avertir : le fantôme de Paul Walker est plus que jamais présent. Pas physiquement bien sûr, mais le moteur du script s’encrasse dès qu’il faut évoquer son cas.
Sans rien dévoiler sauf les premières minutes qui résument le synopsis, ce dixième épisode est directement lié à Fast V puisque le fils Reyes (Jason Momoa) cherche à se venger de ceux qui sont responsables de la mort de son père et de la disparition de sa fortune. Comme le flashback introductif nous le rappelle : les trois têtes de liste sont Dom, Brian et Hobbs (Dwayne Johnson). Et si Dante Reyes veut pourrir la vie de Toretto, étrangement, Brian O’Conner n’est vu que comme une cible sur des photos sans jamais que l’on s’inquiète pour le personnage. Comment le pourrait-on ? Il n’existe plus. Encore une fois, l’intrigue piétine à devoir impliquer un rôle majeur sans pouvoir le montrer.
La fin de Fast and Furious 7 créait une belle absence, les films suivants n’auront fait que rendre cette absence ridicule.
Un fantôme utile ?
Même si je pense Vin Diesel sincère dans ses déclarations quant à l’amour qu’il portait pour Paul Walker, j’ai toujours profondément du mal avec l’utilisation de cette affection à chaque promo pour la saga. L’acteur n’est jamais le dernier dès qu’il s’agit d’évoquer son ami, usant constamment du « au nom de… » jusqu’à dans sa tentative de réconciliation avec Dwayne Johnson (ce dernier lui aura d’ailleurs répondu d’arrêter d’utiliser le fantôme de Paul pour ses affaires).
Je ne peux pas m’empêcher de voir une forme de cynisme de la part de la Fast Family dans leur manière de garder l’aura de leur camarade au plus près, que ce soit dans les scénarios ou dans un caméo de Meadow Walker, la fille de Paul, dans Fast X. Comme si Fast and Furious avait toujours été une franchise avec deux héros, que la disparition de l’un d’eux faisait pencher la balance vers l’ego de Vin Diesel et qu’il fallait donner le change pour pas que ça se voie trop.
Il n’y a qu’à voir comment le personnage de Dominic Toretto semble avoir été réécrit depuis Fast 7. Comme pour bien montrer qu’il n’avait plus besoin de son binôme, le patron se met à affronter toute sa bande en solo (il gagne, évidemment) dès l’aventure suivante. De héros, il est devenu en trois opus super-héros jusqu’à faire avancer le scénario seul dans Fast X, les autres servant surtout de passe-plats. Paul Walker était un équilibre, il était le Fast du Furious et tout le monde l’a bien compris, pour le meilleur comme pour le pire.
