Réalisateur : Robert Stromberg
Scénaristes : Paul Dini et Linda Woolverton
Acteurs principaux : Angelina Jolie, Elle Fanning, Sharlto Copley et Sam Riley.
Baguette : pas trop cuite, c’est meilleur !
Date de sortie : 28 mai 2014
Où le voir : Disney+, VOD, DVD/Blu-Ray
Synopsis officiel : Maléfique est une belle jeune femme au coeur pur qui mène une vie idyllique au sein d’une paisible forêt dans un royaume où règnent le bonheur et l’harmonie. Un jour, une armée d’envahisseurs menace les frontières du pays et Maléfique, n’écoutant que son courage, s’élève en féroce protectrice de cette terre.
Parce que Disney se plaît à revisiter ses propres œuvres (et celles des autres), je te propose de découvrir la véritable histoire derrière Maléfique, revisitée par Crossovor. Laisse-toi porter, Crovor te lit un conte…
Il était une fois, dans un pays non lointain, un canard qui conquit le royaume d’une souris aux grandes oreilles. Ni une, ni deux, le nouveau roi de Disney entreprit de nouveaux projets. Nouveaux ? Non, pas vraiment. Le 55ème anniversaire de La Belle au bois dormant s’approchant, il eut l’idée de se resservir de l’œuvre pour ajouter de l’argent dans des caisses déjà bien pleines.
Depuis son château, le dirigeant palmé envoya sa requête dans tout le royaume. Il espérait trouver un homme qui puisse lui apporter l’idée dont Disney avait besoin pour prospérer. La récompense n’était que de quelques écus, mais le peuple se hâtait à la résidence royale pour suggérer ses idées. Un premier bourgeois entra dans la salle du trône, s’agenouilla et dit avec conviction « Majesté, il me semble judicieux de réaliser une version non-animée de La Belle au bois dormant ». Un conseiller royal s’approcha rapidement du Seigneur, pour lui souffler quelque chose à l’oreille. Quelques secondes plus tard, le canard fut pris d’une grande colère et on l’entendit crier jusqu’aux remparts : « Espèce de bon à rien, c’est déjà ce que j’ai prévu pour Cendrillon ». Aussitôt, les gardes s’emparèrent de l’homme qui avait eu la malchance de proposer le mauvais projet. On ne le revit jamais.
Un autre bourgeois s’approcha alors, se prosterna et dit : « Majesté, je crains que même le débile du village puisse facilement s’apercevoir que la version 1959, de La Belle au bois dormant, n’est plus dans l’air du temps. Je suis même persuadé que cette oeuvre pourrait – avant même l’affaire Weinstein – déclencher le mouvement #MeToo. Je pense donc, à mon humble niveau, qu’il serait préférable de donner un rôle plus important aux femmes de l’histoire. »
Donner des rôles significatifs aux femmes ? Voilà une idée que le roi de Disney n’avait jamais entendu, mais qui lui permettrait d’amasser des pièces d’or. « Et comment mes serviteurs devraient-ils procéder pour rendre une telle chose possible ? » demanda le Seigneur au bourgeois. « On pourrait remplacer le prince Philippe par une femme » s’exprima l’homme, qui semblait désormais plein de confiance.
Le roi se mit à rire, avant de tomber dans une colère noire : « Une relation homosexuelle dans un de mes films ? Mais vous êtes fou ! » hurla-t-il. « Le peuple n’est pas prêt pour ça et le royaume voisin de Chine nous déclarerait la guerre. » Le canard fit un geste de la main, et après un claquement de doigts, l’homme suivit le même sort que le premier bourgeois qui s’était présenté à la cour. « Renvoyez-moi tous ces incapables ! », cria le roi à ses gardes.
Une fois le peuple dispersé, le Seigneur appela son scribe. « Paul, as-tu une idée pour mettre en avant la place des femmes dans La Belle au bois dormant ? » demanda-t-il à son serviteur. « Ma foi, je crois que oui. » répondit le scribe. « La nouvelle histoire pourrait être consacrée à la méchante Maléfique ». « Continue, tu m’intéresses » s’exclama le roi. Paul expliqua alors avec de grands gestes « L’histoire commencerait comme ceci : “Je vous invite à revisiter un conte célèbre que vous pensez connaitre” et se terminerait comme ça “mon histoire n’est pas tout à fait celle que l’on vous a racontée, je suis bien placée pour le savoir, c’est moi que l’on appelait la belle au bois dormant.” Ainsi Aurore se réapproprierait elle-même son histoire. »
A la fin de ce monologue, s’en suivit un long silence. Le canard réfléchissait à ce projet. Personne dans la salle du trône ne pouvait prédire sa réaction. Soudain, de sa grosse voix joyeuse, il s’écria « C’est un succès assuré ! » Aussitôt, son conseiller vint, à nouveau, lui chuchoter quelques mots à l’oreille. Le roi devint soudain dubitatif avant de reprendre un air confiant : « Certes, ce concept d’humaniser les vilains n’est pas nouveau pour les spectateurs de Once Upon a Time, mais rien de tel n’avait encore été fait sur grand écran. Je crois que ça peut marcher. »
C’est ainsi que le canard, régnant sur Disney, ordonna à Paul de transformer l’histoire. Maléfique n’était plus la méchante suprême sans cœur, mais devenait une amoureuse déçue qui avait décidé de se venger. Si elle était censée se délecter du chagrin causé, la nouvelle version penchait pour une vision plus nuancée et fit de la grande méchante, non pas la fée Carabosse originelle, mais la bonne fée d’Aurore. Son cœur de pierre se transformait ici en cœur joyeux cherchant la rédemption dans son nouveau rôle de marraine.
Après avoir trouvé une histoire tenant la route, il ne restait plus qu’au nouveau roi de Disney de constituer un casting qui allait attirer les foules. Quoi de mieux pour cela que de faire appel à une princesse très renommée dans le village d’Hollywood ? Si chacun des comédiens et comédiennes était choisi pour sa ressemblance avec les personnages, le canard savait bien que la beauté d’Angelina Jolie saurait séduire le peuple.
Cependant, si la princesse-comédienne estimait que Maléfique était gracieuse et élégante, elle ne concevait pas que celle-ci ne soit pas également délicieusement cruelle. Elle se rendit donc à Disney pour convaincre son Seigneur d’offrir à Maléfique un regard menaçant. Après des jours de palabres et de négociations, le roi accepta. La princesse d’Hollywood pouvait désormais réaliser un rêve de petite fille, pour la coquette somme de 33 millions d’écus. Et comme si un tel montant n’était pas suffisant, Angelina Jolie eut le privilège de donner la réplique à plusieurs de ses filles. Sans doute, fallait-il au moins cette contrepartie pour faire supporter à la comédienne les 3 heures quotidiennes de maquillage et pour la faire jouer ses propres cascades.
Pour compléter l’équipe, le roi misait sur la présence de Tim Burton à la réalisation. Mais sa colère fut grande quand le réalisateur délaissa le projet. C’est finalement Robert Stromberg qui fut choisi pour mettre en scène son premier long-métrage.
Mais le canard avide de pièces d’or n’était pas au bout des déconvenues. A la recherche de comédiens et comédiennes aussi reconnus que la princesse d’Hollywood, il voulait signer Jude Law dans le rôle du roi Stefan, et envisageait Emma Thompson et Judi Dench pour jouer les fées. Néanmoins, il dut se contenter de la méchante directrice d’Harry Potter, Imelda Staunton, pour interpréter l’une d’entre elles.
Toujours dans cette optique de propulser le film en tête du box-office royal, Anya Taylor-Joy ne fut pas retenue pour le rôle d’Aurore. Simple paysanne à l’époque, le roi lui a préféré Elle Fanning, qui avait déjà joué aux côtés d’Angelina Jolie, dans L’Etrange histoire de Benjamin Button.
Sur le parchemin, Maléfique pouvait rapporter gros au royaume Disney. Cependant, le canard n’était pas serein : de nombreuses caisses d’or avaient été investies pour la première réalisation de Robert Stromberg et il craignait de ne faire aucun bénéfice.
Mais les premiers chiffres tombèrent et, si les critiques n’étaient pas dithyrambiques, Maléfique bénéficia d’un gros démarrage. Mieux encore, le film rapporta au Seigneur 758 millions d’écus, ce qui couvrait largement le budget initial de 180 millions d’écus.
Fort de son succès, le roi décida de continuer sur sa lancée. Après tout, le peuple était au rendez-vous et tout le monde avait été impressionné par la prestation de la princesse d’Hollywood. En dépit des limites du concept d’humanisation, soulignées par les critiques de Maléfique, le canard sentait bien qu’il y avait un filon à exploiter.
Une suite fût donc commandée et son conseiller proposa même de réitérer l’expérience en cherchant à revisiter les 101 dalmatiens… Mais ceci est une autre histoire.
